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Crise des infrastructures en eau : une réforme de financement s’impose au Québec

Crise des infrastructures en eau : une réforme de financement s’impose au Québec
Une étude d’Aviseo révèle que les infrastructures d’eau potable au Québec sont sous forte pression, avec des besoins majeurs d’ici 2031, dans un contexte où le budget provincial a négligé ce secteur en pleine année électorale. Vieillissants et affectés par les changements climatiques, les réseaux peinent à soutenir la croissance et la densification, tandis que la forte consommation d’eau au Québec aggrave la situation, malgré l’existence de solutions nécessitant une volonté politique.
« Le sous-financement chronique des infrastructures en eau n’est plus un enjeu secondaire : il freine directement la construction de logements et accentue les problèmes d’abordabilité. Chaque projet retardé ou abandonné faute de capacité des réseaux d’eau illustre l’urgence d’agir. Sans une mobilisation rapide et coordonnée de tous les paliers de gouvernement, c’est à la fois l’accès à de nouveaux logements et la qualité des services essentiels qui sont en jeu », souligne le Groupe tactique sur les infrastructures en eau liées au logement.
Un sous-financement qui freine le développement et la construction
Les investissements demeurent insuffisants pour répondre aux besoins croissants. Les municipalités investissent en moyenne 280 $ par habitant, contre les 799 $ requis, tandis que la part des investissements provinciaux accuse une baisse marquée de 400 millions de dollars depuis 2018.
Ce sous-financement a des impacts concrets sur le développement. En 2025, 43 municipalités ont dû restreindre des projets, freinant la construction de 36 000 logements. Cette situation se traduit par des moratoires, des suspensions de permis et des redevances pouvant atteindre 5 390 $ par logement, de Sherbrooke à Lévis.
Le Groupe tactique appelle à des actions immédiates :
- Municipal : implanter un principe utilisateur-payeur avec compteurs d’eau, comme c’est le cas à Repentigny où la consommation d’eau est restée stable depuis 20 ans alors que sa population a augmenté de 18 %, et recourir à des outils comme le TIF (Financement par accroissement de la valeur foncière) pour mieux gérer la consommation et financer les infrastructures sans augmenter les taxes.
- Provincial : accroître les investissements dans le Plan québécois des infrastructures (PQI), assurer un financement prévisible et durable, inciter les municipalités à adopter les compteurs d’eau pour réduire le gaspillage et revoir les priorités pour résorber le déficit de maintien des actifs.
- Fédéral : augmenter la contribution, bonifier les transferts au Québec et offrir plus de flexibilité aux acteurs locaux pour prioriser les projets.
Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ)
Cyriaque Gaborieau
Conseiller en relations médias et affaires publiques
Cellulaire : 514 237-7096 –
